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Harcèlement de rue : du discours du Président de la République à la réalité

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Lors de son discours du 25 novembre 2017, le Président de la République a déclaré « nous créerons aussi le délit d’outrage sexiste qui sera verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif. »

 

Le droit est une matière précise, ce que les conseillers de Monsieur MACRON semblent avoir omis quand ils ont préparé son discours, une contravention et un délit étant deux catégories juridiques bien distinctes.

 

Si c’est un délit, nous avons affaire à un délinquant, avec une procédure judiciaire. Il faut que la victime dépose plainte. Le Procureur de la République choisi s’il faut poursuivre ou non. Si oui, il y a un travail d’enquête permettant d’entendre chaque partie et de visionner les bandes des vidéos des caméras de surveillance. C’est une procédure chronophage, mais si les moyens sont mis, cela permet de montrer que la victime d’un harcèlement de rue est prise en considération au même niveau qu’un outrage à agent. Par contre est ce que la Justice suivra, quand on voit le nombre d’outrage à agent classé sans suite.

 

S’il y a verbalisation sur place, nous sommes face à un contrevenant. Les policiers peuvent agir d’initiative ou être saisis, mais ils DOIVENT constater l’infraction, sans ça pas de contravention. Pire, si c’est la victime qui est venue demander de l’aide à une patrouille de police, qui n’a rien constaté, elle pourra faire l’objet de représailles, dès que la patrouille sera appelée sur une autre mission. Par ailleurs, la contravention pose deux problèmes. Le premier est pour les personnes n’ont solvable, pourront-elles faire du harcèlement de rue, sans être sanctionnée ? Le second est pour les personnes très aisées, auront-elles le droit de faire du harcèlement de rue, selon « leur bon plaisir », en échange d’un chèque de temps à autre à l’Etat ?

 

De plus, pour qu’une infraction soit caractérisée, il faut qu’elle soit définie clairement dans une de Loi ou un Décret, car dans une Démocratie tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Donc il faudra un travail minutieux, pour à la fois protéger les femmes mais également éviter les abus, comme c’est le cas aux USA, où le simple fait d’inviter une femme à aller boire un verre peut être caractérisé comme du harcèlement sexuel.

 

VIGI. regrette tant d’amateurisme de la part de Monsieur le Président de la République, car une fois de plus il défend une belle idée, sans malheureusement se connecter avec la réalité quotidienne des victimes et des policiers.

 

Par ailleurs, il propose un signalement en ligne ce qui veut dire encore déshumanisé l'écoute, dans un moment où la personne a besoin justement d'être prise en considération.  Au contraire pour aider les victimes à parler il faut qu'elles aient confiance dans les policiers.

 

Au lieu d'un appel 17 ou d'un autre numéro spécifique désincarné, la victime devrait avoir le téléphone portable de la patrouille qui sécurise son quartier d'habitation, car elle ne tombera pas sur des personnes anonymes, mais sur des policiers qu'elles croisent régulièrement dans son quotidien. Ces mesures visant à rétablir ce lien de confiance, nous l'espérons, seront prises avec la Police de Sécurité du Quotidien, comme VIGI. l’a proposé lors d’une audience au Ministère de l’Intérieur.

 

De même, les policiers ne sont pas formés pour aider psychologiquement les victimes en général, mais à bien faire attention aux droits des auteurs. Il serait urgent de former les policiers à soutenir les victimes. Pour cela il faudrait le cycle 2-2-3 qui permet d'être en formation une fois par semaine... mais restriction budgétaire, le Ministère ne va généraliser ce cycle.

 

En conclusion la tranquillité publique est globale et la découpée en sous-catégorie pour des besoins de com' est contreproductif. Nous avons tous le droit de déambuler sans être inquiété sur la voie publique, pas une catégorie de personnes plus qu’une autre.

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