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« Il n’a véritablement rien à cacher » Maître LIENARD, avocat de Monsieur BENALLA

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Rien à cacher, mais qui, toujours selon son avocat, « ne veut pas aller devant une commission faire des déclarations qui lui seraient reprochées par les magistrats instructeurs. »  Du coup entre transparence et choses à cacher, de nombreux rebondissements. Dans un premier temps, il demande à être auditionné par le Sénat. Puis quand la convocation devient effective, il ne veut plus y aller. Puis finalement, il va y aller sous la contrainte. Du coup son avocat étudie tous les recours possibles pour ne y pas aller. Le suspens est à son comble, ira ou ira pas mercredi 19 septembre devant la commission d’enquête du Sénat ?

 

La méthode de communication de LREM, de l’Elysée et maintenant de son avocat pour défendre Monsieur BENALLA, pour éviter qu’on creuse plus avant les responsabilités de chacun, a toujours été la même : ne pas se battre sur le terrain légal, mais sur le terrain émotionnel. Une technique déjà décrite par Aristote dans « la rhétorique », il y a plus de 2000 ans !

 

Sur LCI, on ne voit plus l’homme du premier mai, mais un garçon bien sage. Pour détourner l’attention des délits qu’il a commis, on jette l’opprobre sur les personnes agressées (méthode de l’art d’avoir toujours raison de Schopenhauer). Pour les éléments dérangeants de l’enquête et ce qui pourrait être une dissimulation de preuve, on parle de « dignité humaine » …

 

 

Du coup, grand plan com’ du gouvernement pour aller sauver le soldat BENALLA, devenu simple particulier, mais qui pourrait mettre à jour de graves dysfonctionnements au sein de la République « irréprochable » de Monsieur MACRON.

 

Madame Nicole BELLOUBET, garde des sceaux, après avoir dit que Monsieur BENALLA ne pouvait pas être auditionné par la commission d’enquête sénatoriale, au nom de la séparation des pouvoirs, confirme ses propos dans une tribune publiée dans Le Monde, le 15 septembre 2018.

 

« Le principe de la séparation des pouvoirs interdit au Parlement d’empiéter sur le domaine judiciaire. » Nous sommes bien d’accord avec elle, mais le Sénat n’est pas là pour juger Monsieur BENALLA, mais pour comprendre les dysfonctionnements au plus haut sommet de l’Etat, qui ont abouti à cette situation, la faute n’étant pas personnel. A ce titre les sénateurs ont besoin d’entendre Monsieur BENALLA pour parfaire leurs propositions et éviter qu’une affaire d’Etat de ce type ne se reproduise.

 

A noter que Madame BELLOUBET ne peut s’empêcher de faire de l’humour en affirmant qu’ « une immixtion du pouvoir exécutif dans une procédure judiciaire serait choquant ». On ne va pas lui rappeler le cas particulier du Procureur MOLINS, qui est à ses ordres et attend une promotion en novembre, mais les propos plus généraux du Président de la République Monsieur MACRON : « le Parquet doit continuer à mes yeux à appartenir à une chaîne hiérarchique dont le sommet est une autorité qui porte cette responsabilité politique, l’assume, car c’est l’exécutif qui est dépositaire du mandat du peuple. »

 

 

Maître Laurent-Franck LIENARD, dont nous saluons le travail juridique dans la défense de nos collègues, a fait le choix de défendre Monsieur BENALLA, tout le monde ayant le droit d’avoir un avocat.

 

Quand il défend nos collègues, il utilise des arguments juridiques avec efficacité. Dans la défense de Monsieur BENALLA, il est dans l’émotionnel et non le droit, comme le démontre une nouvelle fois son passage sur BFMTV ce week-end.

 

« C’est un homme qui a toujours répondu aux questions dans la limite de ce qu’il pouvait faire juridiquement. » Si on excepte que Monsieur BENALLA a refusé :

 

  • De donner les coordonnées de sa femme, pour une « remise des clés » de son appartement (à noter que la Police Judiciaire a déployé les moyens pour la retrouver, mais ça a coûté un « pognon dingue » ;

 

  • D’indiquer l’endroit où il a fait déménager le coffre de son appartement par un ami ;

 

  • De donner le nom de son « ami » qui a déménagé son coffre ;

 

  • De donner son téléphone portable personnel ;

 

Mais Maître LIENARD, qui évoquait une affaire d’été qui serait vite oubliée, a réponse à tout :

 

  • « L’endroit où se trouve sa femme ça le regarde. » Mais ça regarde aussi la Justice pour au moins les clés et peut-être plus, mais pour le savoir il faut lui poser des questions, comme dans une procédure judiciaire normale.

 

  • Le coffre disparu « c’est un détail. » C’est sûrement pour ranger ses affaires personnelles. » Non « ce n’est pas de la dissimulation de preuve », Monsieur BENALLA sait mieux que la Justice ce qui peut l’intéresser ou non. D’ailleurs, ne pas donner le coffre « c’est conserver un peu de dignité. » Du coup, quand nos collègues font une perquisition à partir de maintenant, ils doivent faire attention à ne pas prendre d’affaires personnels, au nom de la dignité humaine ? D’ailleurs comment faire différence entre affaires personnelles et éléments d’enquête ? Est-ce que c’est le mis en cause qui décide ou la Justice ?

 

 

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