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L’audition du « premier flic de France », d’une expérience de 9 mois, au Sénat

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Monsieur le Ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB a été auditionné au Sénat par la Commission d’enquête parlementaire sur les forces de sécurité le 20 février 2018

 

Dans son rôle de VRP de la Police de Sécurité du Quotidien et agent de com’ du gouvernement il a été parfait.

 

En tant que « premier flic » de France, il a montré sa méconnaissance du malaise au sein de la Police Nationale.

 En effet pour lui le malaise, qui a quand même poussé aux suicides 50 de nos collègues actifs en 2017 et déjà 10 en 2018, vient en parti :

  •  
  • Du manque d’effectifs ;
  • Du manque de moyens ;
  • D’un non-respect de l’uniforme ;
  • D’une procédure pénale difficile ;
  • De tâches indues ;

 

Alors oui cela engendre un sentiment de frustration d’être empêché par notre administration de « bien faire notre travail », car pour elle ne compte que la production de statistiques. Mais nous savons encore résister à un système devenu absurde, que Monsieur COLLOMB ne veut pas réformer : les BAC n’arrivent plus à recruter faute de candidats prêts à être sacrifiés à des intérêts de com’ politique et il y a des files d’attente pour être garde barrière. La démotivation est à son comble mais elle ne pousse pas au désespoir. Par contre, si jamais les actes suivent les promesses, Monsieur le Ministre aura régler en grande partie le problème de la motivation.

 

Quand Monsieur le Ministre dit que c’est avec de l’argent que les policiers obtiendront du respect, il se fourvoie. Avec de l’argent on ne fera plus « pitiés », on pourra inspirer de la crainte, mais le respect ça se mérite, ça ne s’achète pas. Et pour regagner le respect de la population il faut supprimer le code de déontologie, pris illégalement par décret en 2014, pour en refaire conforme au code européen d’éthique de la police, signé par la France en 2001.

 

A l’inverse votre analyse est la bonne quand vous dites que notre profond malaise vient que notre institution détruit notre vie familiale et personnelle par :

 

  • Des heures supplémentaires ne respectant pas l’encadrement légal ;
  • Des affectations loin de chez nous ;
  • Des logements loin de notre lieu de travail ou dans des zones à forte délinquance, notre salaire ne nous permettant pas mieux ;
  • Des risques de morts pour notre famille et nos proches depuis Magnanville, sans aucune mesure de la part de notre employeur, en dehors de médailles à titre posthume ;
  • Un management délétère ;

 

Par contre les réponses de Monsieur le Ministre font froid dans le dos, car les contraintes budgétaires passent avant la dignité humaine :

 

 

  • Remise en cause de la directive européenne obligeant à 11h de pause. Un non-sens d’autant plus grand, car nous sommes armées et la fatigue baisse la vigilance et rend irritable.
  • Remise en cause du cycle avec la « journée forte » interdisant aux personnels de la Police Nationale d’avoir une vie personnelle et familiale épanouie avec un mercredi et un week-end sur deux.
  • Aucune mesure pour le logement, au prétexte que c’est un problème général, enfin presque… car quand Monsieur COLLOMB est venu de Lyon, le Ministère de l’Intérieur l’a logé. Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est à cause de son poste, car de nombreux collègues sont prêts à le prendre même sans le logement.
  • Pour fidéliser les personnels en Ile de France, le Ministre est conscient qu’il faut faire un effort financier important… mais qu’il n’est pas prévu. Il préfère rester à l’ancienne méthode de la contrainte, en forçant les personnels à rester 8 ans en Ile de France. De plus la priorité pour Monsieur le Ministre est le nombre d’affectation en Ile de France pour ses statistiques, pas l’équilibre personnel des agents.
  • Proposition d’un passage régulier devant la médecine préventive… si c’est comme à l’heure actuelle, c’est régulier, mais tous les 10 ans.
  • Monsieur le Ministre parle d’un soutien fort de la hiérarchie, mais il ne fait qu’en parler. Pour rappel, la présomption d’innocence des policiers bafouée par lui en février 2017 :

 

 

  • Pour les suicides Monsieur le Ministre va demander au DGPN de travailler sur les causes (que tout le monde connaît déjà) et l’environnement pour dégager des tendances. La tendance pour le moment est que depuis que Monsieur MORVAN est DGPN il y a déjà 24 de collègues qui ont réussi leur suicide. Par contre les criminels n’ont pas tué de policiers.
  • Monsieur le Ministre veut organiser des moments de convivialité imposés après le service et sûrement aux frais des personnels. En premier lieu la convivialité ça ne s’impose pas. En deuxième lieu, on n’a déjà pas de vie personnelle, ce n’est pas pour passer le peu qui nous reste en convivialité imposée. En troisième et dernier lieu, nous avons déjà le gel du point d’indice, le jour de carence, la hausse de la CSG non compensée : donc le peu d’argent qui nous reste, on va le dépenser avec nos proches, pas en convivialité imposée.
  • Aucune réforme en profondeur, car le Ministre dit d’abord vouloir gagner la confiance des personnels… Mais on ne fera jamais confiance à une personne qui n’a pas le courage de mettre fin à la spirale des suicides et préfère fermer les yeux… Les deux derniers Ministres de l’Intérieur à avoir su gagner la confiance des policiers sont Pierre JOXE pour avoir réformer l’institution et Charles PASQUA pour son soutien sans faille aux collègues de terrain.

 

« Il faut revoir toute la Police Nationale, car là vous proposez un sparadrap. Il faut tout refondre. Vous allez rester l’infirmier et le problème va perdurer. » Sénateur Henri LEROY à Monsieur Gérard COLLOMB, Ministre de l’Intérieur, lors de son audition au Sénat par la Commission d’enquête parlementaire sur les forces de sécurité le 20 février 2018

 

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