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Structurellement la Police Nationale pousse ses personnels au suicide

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Il y a deux jours toute la presse nationale et locale publiait des articles sur la recrudescence du nombre de suicide au sein de la Police Nationale depuis janvier 2017 et plus particulièrement depuis la fin de l’été.

 

 

Depuis ces articles, un nouveau collègue s’est donné la mort dans le 92, passant à 40 le nombre de nos collègues ayant réussi à aller au bout de son geste de désespoir. De même un de nos collègues gendarme s’est lui aussi donné la mort hier dans l’Oise.

 

 

La Police Nationale a un taux de suicide 3 fois supérieur à la moyenne nationale. Est-ce parce que nous avons accès à notre arme de service ? Non car elle n’est utilisée que dans 50% des cas et on ne voit pas une « épidémie » de suicides chez les chasseurs.

 

 

VIGI. constate que depuis 1980, environ 500 collègues ont été victimes du devoir, donnant leur vie pour protéger la population.

 

 

 

L’organisation structurelle de la Police Nationale a provoqué le suicide d’environ 1500 collègues depuis 1980, soit 3 fois plus, que les délinquants et criminels. Et ce « taux de réussite » ne prend pas en compte les tentatives, les dépressions, les burn-out, etc.

 

 

Nous affirmons que la Police Nationale pousse structurellement ces agents au suicide, car cette organisation :

 

  • Détruit la vie privée et familiale de ses personnels, avec des horaires toujours changeant et un week-end sur six, alors même que nous avons besoin d’une vie familiale et privée équilibrée pour tenir face à notre quotidien professionnel.
  • Laisse des familles séparées pendant des années, les personnels étant gérés comme des matricules et non comme des êtres humains. Sans compter le chantage à la mutation en échange d’une obéissance aveugle.

  • Produit un management basé sur le harcèlement et la discrimination, « tyrannisant » les personnels par la discipline et utilisant la médecine statutaire pour continuer de « persécuter » les agents en dépression.
  • Exige de la rentabilité statistique et non de garder la paix publique, engendrant une souffrance éthique pour les personnels dans l’exercice de leurs missions, qui ne peuvent résister à cause du chantage aux mutation et aux menaces de procédures disciplinaires.
  • Engendre une accumulation d’heures supplémentaires depuis 2015 passant de 16 à 20 millions. Les personnels sont épuisés, devenant irritable avec leurs proches, en plus de diminuer leur réactivité en service.
  • Laisse les policiers exercer leur profession dans des locaux insalubres, des véhicules dangereux… pendant que des commissaires touchent des primes pouvant aller à plus de 100 000€/an, les écœurant de tout donner pour leur engagement profond.
  • Accorde plus de considération et de droit aux délinquants et criminels qu’aux victimes.
  • Engendre des répercussions graves sur la vie privée et familiale des policiers : séparations, divorces, troubles du sommeil, isolement, dépression, burn-out, la prise de médicament pour tenir…
  • S’empêche structurellement de se remettre en cause, car c’est notre institution qui enquête sur elle-même et elle ne va se condamner. De plus notre administration refuse la protection fonctionnelle aux personnels voulant porter plainte pénalement contre l’institution.

 

 

Pour le moment la seule réponse de notre administration est la surveillance comptable de ce « massacre », avec un compte rendu détaillé à chaque suicide et un bilan trimestriel présenté à chaque réunion de CHSCT.

 

 

VIGI. a des propositions pour aider à réformer structurellement l’institution pour protéger la santé et la vie de nos collègues, mais également les membres de la hiérarchie, y compris le Ministre lui-même, de poursuites pénales.

 

 

 

Par exemple nous demandons, notamment :

 

 

  • De redonner un sens au métier de policiers pour nous permettre de garder la paix et non de produire des statistiques sous le diktat d’une politique du chiffre, demandant un rendement quantitatif.
  • D’étendre le nouveau cycle horaire, permettant d’avoir un week-end sur deux, à tous les collègues, en renforçant les services en conséquence.
  • Permettre aux collègues un rapprochement familial dans l’année en cas de séparation géographique.
  • Mettre fin au détournement de la procédure disciplinaire et des pouvoirs de la médecine statutaire.
  • Donner une plus grande importance à la prise en charge des victimes, qu’à celle des délinquants et criminels.
  • Nous donner des conditions de travail digne pour accomplir nos missions correctement.
  • Mettre fin à l’accumulation des heures supplémentaires, nous avons besoin de repos.

 

 

« Le crime de notre époque est d'avoir inventé des métiers qu'on ne peut pas aimer. C'est un crime peut-être plus grand que la guerre, qui n'est qu'un accident tragique (...). La guerre vous prend la vie brutalement, en une seconde. Le travail qu'on ne peut aimer vous la prend jour par jour, heure par heure, et sans autre espoir de paix que la vieillesse et la mort » Morvan LEBESQUE (1911-1970)

 

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